Auto-édition : retour sur le parcours Lulu

En mars 2017, j'ai débuté l'écriture de Triste monde tragique pour, dans un premier temps, n'en faire profiter que mes amies les plus proches et ma famille. L'idée a germé de le publier en bonne et due forme, et voici donc un retour rapide sur l'auto-édition sur la plate-forme d'impression à la demande Lulu.

Un PROJEEEEET

Tout d'abord, il faut décider si l'impression à la demande est la meilleure manière d'arriver à votre livre. Vous pouvez très bien tenter les éditeurs classiques avec un manuscrit soigné, voire d'aller faire un tour sur Framabook, un éditeur en bonne et due forme qui s'occupera d'une grande partie de ce qui va suivre.

L'écriture

Il n'y a pas grand-chose à dire sur l'écriture en elle-même. Et franchement, si vous êtes là, c'est sans doute que vous n'avez pas besoin de conseils à ce sujet. En voilà néanmoins un : tapez votre texte brut manuscrit dans un fichier au format libre assez simple pour être utilisé partout. Personnellement, puisque Triste monde tragique est divisé en chapitres, puis en paragraphes autonomes, j'ai tapé chaque paragraphe dans un fichier .txt en utilisant la syntaxe Markdown quand il y avait besoin. Chaque fichier est ensuite classé dans un dossier au nom du chapitre correspondant. Simple, efficace, et lisible même sur le plus bête des téléphones portables.

Exemple de paragraphe :

L'enseignement universitaire est totalement dépassé. Il s'agit pour du personnel non qualifié de transmettre à des étudiants passifs devant le savoir. Répétez d'année en année. Qu'est-ce qui empêche de filmer vos cours ? Qu'est-ce qui vous empêche d'écrire vos cours, de le distribuer de telle sorte que vos étudiants le lisent et engagent un débat la semaine suivante ? De poster cela sur la plate-forme numérique universitaire, avec des sources et des liens pour aller plus loin¹ ? Bien sûr, cela suppose un véritable apport de l'université, en plus de d'une volonté de changer les choses.

Il y aurait alors une véritable démarche active de l'étudiant face au savoir. De plus, le support de révision serait *commun*, au lieu d'être composé de notes prises par chacun où tout le monde fait sa petite cuisine dans son coin avant le partiel. Ça rendrait également le caractère facultatif de la présence en cours magistraux beaucoup plus juste, puisqu'il est à l'heure actuelle bien difficile de récupérer des cours en cas d'absence — même justifiée.

¹ Surtout à l'ère numérique où les ressources abondent alors que dans le même temps les professeurs demandent de lire un livre bien particulier, disponible en un seul exemplaire à la bibliothèque universitaire. Aux étudiants les plus fortunés de se le procurer dans le temps imparti…

La correction

Une de mes erreurs aura été de m'atteler à la correction des paragraphes après la mise en page. Ne faites pas ça, vous perdez un temps fou. Relisez et corrigez votre texte avant toute opération de mise en page.

Pour la correction orthographique, j'ai simplement copié-collé mes textes dans un document LibreOffice, et corrigé les erreurs. Mais si c'était si simple, le métier de correcteur n'existerait plus, n'est-ce pas ? Il manque en effet la correction grammaticale, et si comme moi vous êtes nul·le en accords du participe passé, il faudra trouver une parade. Soit vous avez dans votre entourage quelqu'un qui peut s'amuser à faire cela bénévolement, soit vous avez recours à la ruse de sioux du correcteur logiciel professionnel.

Ici, j'ai trouvé Cordial qui coûte 99 € dans sa version la moins chère. L'astuce, c'est qu'une version en ligne est disponible, qu'elle est gratuite mais fortement limitée. Il vous faudra vous inscrire pour éviter la limitation quotidienne, et en sus vous devrez copier-coller des pans limités de votre texte. N'oubliez pas que ce genre de correcteur automatique doit être supervisé, vous devrez vérifier chaque erreur vous-même puisqu'il ne comprend pas le sens de vos phrases, et peut donc se tromper. Mais avec un peu de jugeote, vous pourrez corriger en moins de vingt-cinq heures un texte de 250 pages, ce qui est plus rapide que de le faire à la main. Et les accords de participe passé sont très bien supportés.

La mise en page

Là encore, tout dépend des goûts de chacun·e. Vous pouvez utiliser LibreOffice, Word, InDesign ou même Scribus… L'objectif est d'avoir un logiciel vous générant un fichier .pdf prêt à l'impression.

Format de page

Avant toute chose, commencez par choisir le format du livre que vous imprimerez. Lulu fournit des modèles dans un fichier .zip contenant un ensemble de conseils pour une mise en page réussie. Suivez ces conseils, ils vous permettront d'avoir des pages aux dimensions requises pour une impression optimale.

Personnellement, j'ai l'habitude de passer mes écrits imprimés par LaTeX (plus précisément XeLaTeX pour son support fluide des polices personnalisées). Il y a plusieurs raisons à cela : meilleure gestion des césures et du texte justifié, automatisation de pas mal de numérotation diverse, gestion d'une base de données bibliographique, équations mathématiques, respect assez poussé de la typographie… Malheureusement, Lulu n'offre pas de modèle LaTeX. J'ai donc passé un certain temps à en produire un qui respecte le format demandé par Lulu, je mettrai cela sur GitHub un de ces jours.

Styles

Si vous êtes sur un éditeur type LibreOffice ou Word, il vous faudra définir des styles de paragraphes, de titres, de tableaux et même de pages. Je laisse à d'autres le soin de vous expliquer comment cela fonctionne dans votre logiciel, mais comprenez bien qu'il est essentiel pour votre santé mentale et la qualité de votre document de fonctionner par styles. Il est hors de question d'appliquer un gras à la main sur chaque titre. Les styles, c'est la vie.

Avec LaTeX, la question est identique : certes vous aurez des styles prédefinis, mais il vous faudra les personnaliser à vos goûts, et cela peut prendre du temps.

Notez que la taille du texte, et sa police d'écriture, sont importantes. Lulu conseille de toujours avoir une taille de texte de plus de 6 points, autrement des problèmes d'impression peuvent survenir. La taille doit être adaptée à une lecture confortable : d'après certaines règles typographiques, il est souvent conseillé d'avoir entre 60 et 90 caractères par ligne. Quant à la police, les conseils habituels sont de mise : une police dont vous avez les droits, qui s'accorde au texte, et parfaitement lisible.

Et on copie, et on colle

Cette étape est l'une des plus simples : on copie un texte brut dans le document, on applique un style, et on recommence jusqu'à ne plus avoir de texte brut à copier. Si vous faites comme moi et utilisez Markdown dans les textes bruts, veillez à bien changer à la main. Exemple : le support de révision serait *commun* devient « le support de révision serait commun ».

Cas particulier : les notes

Les notes de bas de pages qui, dans mes textes bruts, sont annoncés par ¹ sont un cas particulier sur lequel se pencher. Si vous n'avez pas de note de bas de page, cela ne vous concerne pas, bien entendu. Mais dans le cas contraire, il faudra choisir : ou bien les notes se situent en bas de la page à laquelle elles font référence, ou bien en fin de chapitre, ou alors en fin d'ouvrage dans un chapitre dédié.

Cas particulier : l'index

Si l'index des noms propres est facultatif dans un ebook, il est utile pour un imprimé sérieux. Selon votre logiciel, il faudra passer quelques heures à relire le document pour y pointer les noms propres, l'index se générant ensuite automatiquement. À placer en fin d'ouvrage.

Cas particulier : la bibliographie

Alors là… J'ai presque envie de ne pas traiter ce cas, puisqu'il est source de beaucoup de prises de tête. Tout d'abord, je conseille d'utiliser un logiciel de gestion de bibliographie, comme Zotero ou BibTeX et d'y inscrire les références au fur et à mesure de l'écriture du texte. C'est vraiment un gain de temps appréciable, et je me mords les doigts de ne pas l'avoir fait. L'alternative consiste à relire le texte et, comme pour l'index, d'y pointer chaque référence bibliographique dans le logiciel de gestion. La dernière option est vraiment déconseillée si vous avez plus d'une dizaine de références : inscription dans un fichier texte de chaque référence, puis copier-coller dans un chapitre au doux nom de « Bibliographie », avant d'y appliquer les styles qui vont bien et de classer en ordre alphabétique… Un logiciel de gestion de références vous permettra de vous passer de cette étape assez rébarbative.

Mais il faudra choisir un style pour votre bibliographie. Il en existe des milliers, regroupés en plusieurs catégories, selon que votre livre soit un essai de sciences humaines ou de physique appliquée… Il n'y a pas véritablement de consensus : on peut écrire le prénom avant le nom, ou l'inverse, ou bien ne garder que la majuscule du prénom, et le nom peut ou non être en majuscule ou petites capitales, et puis le lieu de publication peut être avant la date ou après, etc. Les plus pointilleux me diront qu'il existe des normes telles que APA, MLA, ISO 690 ou ISBD, mais ces normes ne fixent que la disposition des éléments constituant la référence, pas leur style. Doit-on mettre un point à tel endroit ou bien une virgule, ou encore deux points ? Voilà le genre de questions qui appellent à un choix de style.

L'important ici est de choisir un style et de s'y tenir. Si vous utilisez Zotero, amusez-vous à faire votre shopping sur son dépôt de styles qui contient plus de 8000 styles différents. Et BibTeX n'est pas en reste.

Corrections

Voilà, vous avez votre document, vous vous dites que tout est bon… Eh bien, en fait non. Il faut passer par une phase de relecture et de correction. Oui, votre texte est sans doute correct au niveau de l'orthographe et de la grammaire, mais qu'en est-il des doublons, des césures et de la typographie ?

Césures

Normalement, votre texte est justifié. Mais pour avoir un gris parfait, il est généralement nécessaire d'avoir des coupures de mots en fin de ligne, ou césures. Normalement, votre éditeur s'occupe de la manœuvre, mais vous devrez parfois passer derrière pour en ajouter (c'est souvent le cas avec LaTeX par exemple). Les règles régissant les césures étant quelque peu rébarbatives au néophyte, je vous conseille d'aller vérifier en ligne la coupure des mots qui vous posent problème.

Typographie

Je ne m'étendrai pas sur ce point ici, puisque je compte publier un manuel à ce sujet. Sachez toutefois que le respect des règles typographiques est une part importante du travail de correction. Parmi les erreurs les plus courantes, on retrouve les guillemets informatiques " utilisés à la place de guillemets français «», ou l'absence d'espace insécable avant une double ponctuation. Si certaines règles sont intégrées aux logiciels, d'autres demandent une relecture.

Savez-vous par exemple que est typographiquement incorrect ? Cela ne s'écrit pas avec le symbole des degrés, mais avec un o minuscule en exposant, puisque c'est une abréviation du terme numéro. Cela se corrige assez simplement en faisant une recherche dans le document.

Organisation

Tout ce travail de correction et de mise en page étant assez prenant, pour le dire gentiment, je vous conseille de l'organiser et de le planifier de sorte que vous verrez votre progression. Par exemple, voici une page tenant compte de la progression sur chaque chapitre de Triste monde tragique :

Rien ne vous empêche d'adapter ce système, l'important est de voir que vous progressez, et au final d'être certain·e que vous n'avez pas oublié un élément important. Et je peux vous assurer qu'une fois le tableau rempli de petites croix, vous ressentez un immense soulagement devant le travail accompli.

Couverture

Lulu propose trois outils pour créer votre couverture. Si vous optez pour le classique fond coloré uni avec nom et titre, c'est possible directement en ligne, y compris avec une description et une de ces photographies de l'auteur·e.

Reste que les plus puristes trouveront que ce n'est pas assez, il est alors possible de faire votre couverture vous-même dans un logiciel de DAO comme Gimp, Inkscape ou Photoshop. Dans le .zip contenant les modèles, Lulu vous aura fourni des images qui serviront de guide pour éviter que vos textes ne soient coupés à l'impression, ou bien recouverts par un code-barres.

Les règles habituelles s'appliquent ici : utilisez des images libres, pensez à inscrire au dos les droits sur l'image de couverture.

Vendre le livre

Vous avez votre fichier .pdf, votre couverture, vous êtes prêt·e à lancer l'impression sur Lulu… Attendez une minute. Posez-vous la question de votre public : voulez-vous vendre votre livre, ou simplement le faire circuler parmi vos proches ? Dans le second cas, je ne vous retiens pas, vous pouvez passer cette partie. Mais pour ce qui est du premier, bienvenue dans le casse-tête de l'administration, que je vais essayer de démêler pour vous ici.

L'ISBN

Première chose à faire : récupérer un ISBN. L'ISBN est l'identifiant unique international de votre livre, il permet aux professionnels du livre de retrouver toutes les informations nécessaires : nom des auteurs, titre, première ou seconde édition, format, etc. Bref, il est obligatoire pour les transactions.

Lulu propose d'attribuer un ISBN gratuit, voire d'en acheter un selon le pays. Je n'ai jamais essayé ces options, puisque j'habite en France. Attention toutefois : si l'ISBN a été fourni par Lulu, c'est qu'il tient lieu d'éditeur. Plusieurs options vous seront fermées par la suite si vous décidez de vendre votre livre (la vente en librairie notamment).

Si certains pays demandent de payer pour obtenir un ISBN, la France est assez sympathique sur ce point : vous pouvez récupérer un segment de plusieurs dizaines d'ISBN gratuitement. Quel intérêt me demanderez-vous ? Eh bien, chaque support de votre livre doit comporter un ISBN différent, de même que chaque nouvelle édition. En posséder un bon petit paquet vous mettra à l'abri de quémander chaque semaine un nouvel ISBN.

Pour cela, il faut se rendre sur le site de l'AFNIL, qui s'occupe de ces attributions. Vous y trouverez un formulaire à imprimer et à retourner par mail ou par courrier (choisir le formulaire de demande pour un particulier auto-éditeur). L'AFNIL vous enverra alors un segment d'ISBN (j'en ai reçu 30 par exemple) sous deux à trois semaines. J'ai eu de la chance, je n'ai eu à attendre qu'une semaine, je devais être tombé sur une période creuse.

Le formulaire est assez simple à comprendre, mais comme l'AFNIL rechigne à distribuer des ISBN à des livres en impressions à la demande, je vous conseille de suivre cette démarche pour le remplir :

  • Production prévisionnelle de 10 titre(s) différent(s)/an (celà vous permet de récupérer un segment et d'être tranquille si vous prévoyez de publier plusieurs livres… Notez qu'un ISBN différent est requis pour chaque support différent, et pour chaque nouvelle édition)
  • Livre papier, tirage (nombre d'exemplaires) : 150 (d'après plusieurs témoignages, l'AFNIL rechignerait à donner des ISBN à des impressions à la demande, puisqu'ils ne dépassent par définition pas les 100 exemplaires par tirage…)
  • Circuit de commercialisation prévu : Vente en ligne (au minimum, ce sera vendu sur Lulu)

Le dépôt légal

Le dépôt légal est obligatoire si vous résidez en France, dès lors que le livre sort du cadre familial et amical. Dans la pratique, il suffit d'envoyer un exemplaire du livre à la Bibliothèque nationale de France, accompagné d'un formulaire imprimé en trois exemplaires, que vous trouverez sur le site de la BnF. Encore une fois, le formulaire est assez simple à remplir, mais voyons ensemble quelques subtilités liées à l'impression à la demande :

  • Nom (ou raison sociale) et adresse de l'imprimeur : Lulu Press Inc. 627 Davis Drive, Suite 300, Morrisville, NC 27607, États-Unis
  • Chiffre déclaré du tirage : 2 (il s'agit ici du premier tirage, donc inscrivez ici le nombre d'exemplaires de vérification que vous avez commandé)

Comme précisé sur le formulaire, l'envoi se fait dans une lettre non timbrée, une mention précisant que le dépôt légal bénéficie d'une franchise postale. Donc pas de soucis pour envoyer votre saga fantastique de 3000 pages, vous ne devrez pas vous ruiner.

Il est à noter que, aux dires de plusieurs personnes ayant contacté la BnF, si les auteurs-éditeurs en impression à la demande ne sont pas exemptés de dépôt légal, la BnF n'a pas non plus les moyens de faire la chasse aux personnes qui ne s'y plient pas. Elle va préférer se concentrer sur les plus grosses structures qui, par définition, brassent bien plus d'imprimés.

Reste qu'il est bon d'être en règle, ne serait-ce que comme argument de vente à des librairies. Le souci avec le dépôt légal dans le cadre de Lulu, c'est qu'il doit en théorie être fait au plus tard le jour même de la publication, ce qui est ici impossible : la publication vous permet de recevoir en une semaine votre premier exemplaire, celui qui est envoyé pour dépôt légal… Il faudra donc ou bien jouer avec les options de publications de Lulu (qui permettent une publication « pour soi » totalement personnelle), ou bien admettre qu'il est impossible de faire un dépôt légal le jour même de l'impression. Pensez donc à prendre un exemplaire de vérification supplémentaire pour l'envoyer à la BnF dès réception.

Pour qu'il soit accepté par la BnF, votre livre doit comporter les mentions légales obligatoires.

Les mentions légales obligatoires

Avant de lancer l'impression sur Lulu, il faut encore inscrire certaines mentions sur votre document. En France, ces mentions sont assez simples.

  • Le copyright doit se trouver au verso de la page de titre, ou bien au pied de la page de titre s'il n'y a vraiment pas la place. Il doit comporter un symbole ©, votre prénom et votre nom, ainsi que l'année d'écriture du livre. L'ordre de la date et du nom importe peu : © Prénom Nom, 2017.
  • L'ISBN doit être présent :
    • en début d'ouvrage, avec le copyright sous la forme ISBN 978-2-000000-00-0 ;
    • en bas de la quatrième de couverture, sous forme d'un code-barres généré grâce à l'EAN fourni par l'AFNIL en même temps que l'ISBN. Normalement, Lulu génère ce code-barres et le place automatiquement sur la couverture, sauf si vous utilisez l'outil de couverture en une pièce (il faudra dans ce cas l'ajouter vous-même).
  • La date du dépôt légal sous la forme Dépôt légal : date. Le format de la date doit généralement contenir le mois et l'année, mais certains éditeurs préfèrent le trimestre et l'année comme par exemple : Dépôt légal : 3e trimestre 2017. Cette mention figure sur la dernière page du livre.
  • La date de l'impression et l'adresse de l'imprimeur, sur la dernière page du livre également. Cette mention est source de capilotractages dans le cadre d'une impression à la demande, puisque le concept même de l'impression à la demande signifie que vous ne pouvez connaître à l'avance quand et où seront imprimés chacun des exemplaires de votre ouvrage. J'ai choisi de m'en sortir en prenant la date du premier tirage, et en considérant que l'imprimeur est Lulu tout simplement. Voilà donc ma façon de procéder : Achevé d'imprimer en juillet 2017 aux États-Unis par Lulu Press Inc., 627 Davis Drive, Suite 300, Morrisville, NC 27607.
  • Le prix de vente public en euros doit se trouver en bas de la quatrième de couverture sous la forme 10 €. Voir le point suivant pour plus de détails.

Dans le cas d'un livre à destination de la jeunesse, la dernière page doit également porter la mention Loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n°2011-525 du 17 mai 2011. juste avant la mention du dépôt légal.

Le prix

Le prix doit se trouver sur la quatrième de couverture. Le souci avec Lulu, c'est qu'à moins d'éplucher ses multiples pages d'aide et de faire de savants calculs, il n'est guère possible de connaître à l'avance le prix minimum tenant compte des frais et de la part des distributeurs tiers (Amazon, etc.). Même si vous ne désirez pas distribuer sur des sites autres que Lulu, ce prix minimum en tient compte.

Or, l'étape de la couverture se trouve avant celle où l'on fixe son prix. L'astuce consiste donc à faire une couverture ne mentionnant pas le prix, continuer le projet jusqu'à arriver au prix, décider, puis reprendre à l'étape de la couverture en y apposant le prix. Certes fastidieuse, cette méthode a le mérite de fonctionner.

Le prix sur Lulu est divisé en trois parties : les frais d'impression du livre proprement dit, la part de Lulu (20 % du bénéfice) et votre part (donc 80 % du bénéfice). Mais il faut également compter la part des distributeurs tiers (jusqu'à 50 % du prix total), de telle sorte qu'il vous sera toujours plus avantageux de vendre sur Lulu que sur Amazon. Sur un ouvrage de 100 pages vendu à 6 €, vous gagnerez 1,76 € en vendant sur Lulu, 8 centimes sur les distributeurs tiers, ce qui donne cette répartition :

  • Coût de fabrication : 3,79 €
  • Part des distributeurs : 2,11 €
  • Bénéfices : 0,10 € ou 2,21 € sur Lulu
  • Part de Lulu (20 %) : 0,02 € ou 0,44 € sur Lulu
  • Votre part (80 %) : 0,08 € ou 1,76 € sur Lulu

Vous comprenez ainsi que le prix minimum pour un tel livre ne peut se situer en dessous de 5,90 €. D'expérience, comptez 6 € pour un format poche de 100 pages, 12 € pour 250 pages, et ainsi de suite.

Ce prix est certes fixe, mais vous pourrez proposer des réductions à votre guise depuis votre espace Lulu (du moment que le prix ne descend pas en dessous du coût de fabrication). De plus, en tant qu'auteur·e, vous bénéficiez d'un rabais sur vos exemplaires de vérification : ils ne coûtent que leur fabrication.

Enfin, pour vous donner une idée, les auteurs gagnent généralement entre 8 et 12 % du prix du livre selon l'éditeur. Vous gagnerez sans doute bien plus, mais devrez assumer la fonction d'éditeur/trice, avec ce qu'elle implique en matière de promotion du livre…

Monter une entreprise

Vous allez toucher des bénéfices en vendant des livres. Lulu vous les versera chaque mois dès que leur montant dépassera les 5 €. Le choix peut être fait entre un versement par chèque, ou sur un compte Paypal. Dans tous les cas, il vous faut avoir une structure légale et déclarer tout ce bel argent aux impôts. Pour cela, deux options s'offrent à vous :

Dans les deux cas, normalement le revenu reversé par Lulu ne compte pas comme droits d'auteur, mais sont des bénéfices non commerciaux. Dans le premier cas, vous pourrez également toucher des droits d'auteurs si d'autres livres sont achetés par des éditeurs tiers (mais il faudra tout de même bien séparer les deux types sur votre déclaration de revenu), mais dans le second vous êtes considéré·e comme éditeur/trice avant d'être auteur·e. Si vous optez pour la micro-entreprise, il faudra faire attention à la catégorie dans laquelle vous êtes rangé·e : il s'agit ici d'une profession libérale, pas d'une commerciale ou artisanale.

L'impression

Vous avez terminé votre beau fichier .pdf, vous souhaitez maintenant qu'il soit imprimé. Je n'ai pas grand-chose à dire à ce sujet puisque si vous avez suivi mes conseils jusqu'ici le reste est simple.

Inscription sur Lulu

Il faut d'abord s'inscrire sur Lulu. Si vous trouvez quelqu'un pour vous parrainer, c'est encore mieux : l'impression de votre premier exemplaire de vérification vous sera offerte, et vous recevrez sans doute des conseils pour utiliser la plate-forme. En contrepartie, cette personne devrait recevoir une réduction sur votre livre.

Lancer le projet

Je ne vais pas m'étendre sur l'ensemble du processus menant à la publication, Lulu fournit un guide pour cela.

Et après ?

Si vous êtes arrivé·e jusque-là : félicitations, vous êtes un·e écrivain·e maintenant ! Bon, et après ?

Le dépôt légal, le retour

Envoyez sans tarder un exemplaire du livre à la BnF, accompagné des trois exemplaires du formulaire vu plus haut. C'est important.

L'ISBN, la revanche

L'AFNIL ne s'occupe que de l'attribution des ISBN, elle ne fait pas le lien entre tel identifiant et tel livre. Pour ce faire, il faut passer par des bases de données. Il en existe plusieurs :

  • FEL (aussi nommé Dilicom, du nom de la société à qui il appartient, mais géré par la Cyber-Scribe), pour l'ensemble des professionnels du livre. L'inscription en base est gratuite, et Cyber-Scribe propose certains services payants, comme l'inscription en base d'Amazon et d'autres distributeurs (nous verrons plus loin en quoi ce service n'est pas utile ici) ;
  • Tite-Live, plus orientée pour les librairies ;
  • Electre, aux mains des éditeurs classiques et donc refusant les auto-éditions ;
  • Et une infinité de petites bases comme le Marketplace d'Amazon ou de la FNAC. Lulu propose gratuitement son service globalREACH pour approvisionner ce genre de base, pensez à l'utiliser.

La mise à jour des bases est faite tous les mois environ, il ne faut donc pas s'alarmer si votre libraire favori ne trouve pas votre livre en faisant une recherche. Dans le cadre d'Amazon, le délai est plus de 6 à 8 semaines.

La promotion

C'est-à-dire ferrer des lecteurs. Je ne vais pas vous faire un cours de marketing ici, vous trouverez d'autres conseils en quelques recherches. Le minimum étant tout de même d'en parler sur vos réseaux sociaux et à vos proches.

Il est souvent conseillé de ne pas mentionner à des professionnels du livre que le vôtre est une auto-édition. La réputation de tels ouvrages auprès des professionnels est qu'ils sont bourrés de fautes, d'une qualité médiocre, donc sans grand intérêt.

Selon les politiques d'admission de la bibliothèque de votre quartier, vous devriez pouvoir déposer un exemplaire pour archivage, en mettant l'accent sur le fait qu'il soit produit par « un·e auteur·e local·e ».

Quant aux librairies des environs, je ne sais sincèrement pas comment vous pourriez vous y prendre, à moins de recourir au bon vieux sourire charmeur. En effet, le prix du livre étant fixe, et le prix de gros peu avantageux (entre 3 % pour 30 exemplaires et 25 % pour plus de 1200), les libraires refuseront sans doute de présenter votre ouvrage dans leurs rayons. Il vous faudra donc acheter à Lulu votre stock personnel (qui ne coûte alors que le prix de fabrication, plus les frais de transport, mais où la réduction du prix de gros s'applique tout de même), puis marchander en tant qu'éditeur/trice votre mise en rayon. À vous de voir si cela vaut la peine. Pour vous donner une idée, la marge du libraire tourne entre 25 et 35 % du prix du livre en temps normal. N'oubliez pas qu'il est généralement mal vu par les professionnels du livre d'être imprimé à la demande (se plaindre de la concurrence d'Amazon et refuser des livres qui y sont pourtant distribués, un paradoxe français…).

Enfin, même principe pour les séances de dédicaces, si vous en êtes arrivé·e là : apportez votre stock, faites un communiqué de presse aux journaux locaux, voire préparez quelques affiches pour la librairie qui souhaitera vous accueillir.

Un ebook

Proposer une version sur support numérique de votre livre est assez simple, il suffira de créer un second projet sur Lulu. Deux formats ressortent : le .pdf et le .epub.

Je conseille dans un premier temps le .pdf, beaucoup plus simple à mettre en œuvre. Il suffira de reprendre votre manuscrit, d'y apporter quelques modifications mineures : suppression des pages blanches, numérotation au milieu des pages, liens hypertextes sur les éléments correspondants (comme les références bibliographiques et la table des matières). Envoyez sur Lulu, en moins de trente minutes ce sera fait.

Pour la version .epub, par contre… À moins de vous y connaître quelque peu en informatique, je vous déconseille de convertir vous-même votre manuscrit en .epub. Lulu propose un outil de conversion qui prend les fichiers Word, LibreOffice, .rtf, etc. Laissez-le faire, vérifiez bien le tout, et normalement ça ne devrait pas prendre plus d'une heure.

Si toutefois vous souhaitez faire vous-même cet .epub et que, comme moi, votre manuscrit est en LaTeX, voici succinctement la marche à suivre :

  1. Convertissez le fichier .tex en .epub avec Pandoc : pandoc -t epub manuscrit.tex -o livre.epub --bibliography bibliographie.bib --csl=style-bibliographie.csl --epub-chapter-level=2 --epub-stylesheet=stylesheet.css --epub-metadata=metadata.xml --epub-cover-image=cover.jpg. Oui, c'est ardu, RTFM.
  2. Importez votre fichier .epub dans Calibre, puis convertissez en .epub, avant de l'enregistrer en dehors. Je sais, c'est absurde, mais Calibre vous permettra de passer plus facilement l'étape de validation de Lulu.
  3. Dépackez le fichier obtenu dans un dossier nommé myepub, extrayez le fichier mimetype pour le repacker en commençant par le fichier mimetype : zip -X0 file2.epub mimetype puis cd myepub et enfin zip -X9Dr ../file2.epub *.
  4. Passez le fichier .epub obtenu dans le validateur Lulu, et corrigez toutes les erreurs.

Lulu utilise epubcheck pour valider le fichier .epub, et tant qu'il reste une erreur vous ne pourrez pas continuer.

N'oubliez pas que chaque support doit être accompagné de son ISBN unique : si vous avez un .epub, un .pdf et une version papier, vous devrez avoir trois ISBN différents.

Enfin, si la version numérique d'un livre est soumise au dépôt légal, celui-ci s'effectue par la BnF elle-même dans le cadre de son dépôt légal du web. Vous n'aurez donc, au moment où j'écris ces lignes, aucune démarche supplémentaire à effectuer de ce côté-là.

Check-list

Pour terminer, voici une check-list rapide de toutes ces étapes. Cochez les cases, vous verrez votre progression, et donc le bout du tunnel :

  • Écriture
  • Manuscrit en texte brut
  • Correction générale
  • Mise en page
    • Format de page
    • Styles
  • Correction et relecture
    • Typographie
    • Césures
  • Couverture
  • Préparer la vente
    • Demander un ISBN
    • Mentions légales
    • Fixer un prix et l'inscrire en couverture
    • Monter une structure légale
  • Impression
  • Dépôt légal
  • Référencement par ISBN
  • Promotion
  • Ebook

Me lire

Oh, et comme je suis un gros sac sans aucun sens du marketing, vous pouvez découvrir mes sublimes œuvres sur ma page Focus. Encore un service gratuit de Lulu ;)

Thief (2014)

Beaucoup disent qu'il faut prendre le jeu tel qu'il est sans le comparer aux Thief originaux. Sur ce point, je ne suis pas d'accord. Ce jeu n'a rien de ce qui faisait la grandeur des Thief, même du troisième, mais Square Enix a tenu à l'appeler Thief, à nommer son personnage principal Garrett, et à reprendre, en les trahissant, des éléments du lore. Si Square Enix ne voulait pas une comparaison, il leur suffisait de changer trois noms, pas un de plus. L'éditeur tenant donc à l'héritage, il faut le juger comme tel.

Et c'est là que le bât blesse : si le jeu est un AAA correct, c'est une honte pour la licence dont il se réclame.

Avant d'entrer plus avant, je tiens à préciser que j'ai joué aux quatre Thief dans l'ordre en l'espace d'un mois. Il n'est donc pas question ici de nostalgie que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.

Ce qui est sympa

  • Le swoop, ce dash permettant d'arriver là où vous le voulez de manière rapide et (généralement) silencieuse.
  • La personnalisation du mode de jeu.
  • Une bonne durée de vie (environ 30-35h pour un premier playthrough, à comparer aux 15-25 des Thief originaux), quelques maps challenge, une envie de recommencer pour faire mieux.
  • En doublage français, Christophe Lemoine (alias Eric Cartman), Yann Pichon (alias Spike Spiegel), Lionel Melet (alias Hermes Conrad)… Aucun n'est crédité, comme d'habitude.
  • L'arrivée des pièges est bienvenue.
  • Les coffres à combinaison, enfin un ajout sympa qu'on attendait ! Dommage qu'à chaque fois la combinaison est marquée dans les environs proches, ce serait bête d'utiliser avec subtilité les notes rassemblées un chapitre précédent…
  • Ouvrir les tiroirs, c'est cool. Pas longtemps parce qu'il n'y en a qu'un qui n'est pas vide sur un meuble de cinq, mais c'est sympa quand même.
  • Utiliser des armoires pour se cacher, ce n'est pas super original, c'est même généralement inutile en raison d'un placement des plus WTF, mais ça reste un ajout intéressant.
  • Utiliser des flèches émoussées pour activer des éléments de l'environnement.
  • Les sons des bottes de cuir qui glissent sur le sol lorsque l'on traine les gardes (oui c'est mineur, mais faut bien chercher des trucs biens).

Le jeu reprend l'ambiance de Deadly Shadows au niveau des couleurs, mais également dans son découpage : une mission, puis retour dans le hub qu'est la ville, et ainsi de suite. Il améliore ce concept en permettant enfin de se déplacer sur les toits (la fameuse « grand-route des voleurs »), mais aussi en augmentant la taille de la ville et en proposant des quêtes annexes. Dans Deadly Shadows, chaque nuit il était important de dévaliser de nouveau chaque maison, ce n'est plus le cas ici : une fois un appartement vidé, il le reste, et c'est tant mieux.

Ce qui est moins sympa

C'est la troisième fois qu'on nous ressert la trame « oh j'ai volé pour un commanditaire qui s'avère être le méchant ». Là où ça passait les deux dernières fois, notamment grâce à l'utilisation subtile d'indices ou d'un antagoniste secondaire, ici c'est recyclé et rushé sans ménagement. Les ficelles sont tellement grosses qu'on se persuade que « Garrett ne peut tout de même pas être aussi stupide ».

Copie-carbone du mythique niveau de l'asile/orphelinat de Deadly Shadows. Comme on le sait, généralement la copie-carbone est plus pâle que l'original. Certains moments restent flippants, on apprécie, mais l'utilisation outrancière de jump-scares et le manque de menace globale font que cette mission tape plus sur les nerfs qu'elle n'effraie.

Des points de passage qui ne passent au suivant que si l'on se met à un endroit précis ; bien entendu dans la lumière et entouré d'ennemis.

Un bossfight où l'on est récompensé par le fait de tuer le boss plutôt que de s'enfuir dans les ombres (ce qui est justement la morale de Garrett établie dans ce jeu).

L'histoire n'a de sens que si Garrett est pleinement stupide. Et incidement, que vous l'êtes aussi. Comme chaque fin de mission se termine toujours par Garrett se montrant ou étant découvert, je pense qu'il est effectivement limité. Pire que ça, l'avant-dernier chapitre révèle qu'en réalité Garrett n'a servi à rien durant tout ce temps, puisque l'Attrape-Voleur travaillait pour Orion… Ou alors il s'est mis au service d'Orion après l'attaque de Northcrest ? Aucune idée, le scénario ne prendra pas la peine d'expliquer quoi que ce soit de toute façon.

Le crochetage et d'autres mécaniques de jeu sont plus simples et rapides avec une manette qu'avec une souris. Pas cool.

Portés disparus

  • Les clés : soit c'est ouvert, soit c'est à crocheter, mais personne ne possède les clés pour ouvrir quoi que ce soit.
  • Les flèches à gaz ne sont pas remplacées par les flèches étourdissantes. On perd le seul moyen de neutraliser à distance pour une flèche qui n'est que l'équivalent d'une flash bomb.
  • Les flèches à mousse. Faut dire, vu le nombre d'endroits bruyants, ce n'est pas comme si elles pouvaient être utiles…
  • Une arme de corps-à-corps léthale. L'épée, la dague, n'importe quoi. Pas que ce soit très utile, mais se défendre avec avec une matraque de poche, c'est peu crédible.
  • Garrett a oublié comment nager. Again.
  • Le zoom de l'œil mécanique. Vous voulez un vrai zoom, faut payer une augmentation…
  • Le viseur physique de l'arc. Ça je ne comprends pas comment c'est possible. Le viseur était parfait dans les deux premiers Thief, on devait juger selon le type de flèche… Même dans Deadly Shadows le viseur restait physiquement sur l'arc. Ici, il est remplacé par un viseur HUD, qui est désactivable… Beau progrès.
  • Le HUD épuré. Oui, c'est désactivable dans les options, le problème étant que le jeu n'a pas été designé pour. Voir l'exemple du viseur, mais les points de passage sont pratiquement indispensables lors du premier playthrough.
  • Les zombies. Les burricks. Les automates. Les hommes-singes. Les hommes-crabes. Les élémentaires de feu. Bref, une quelconque diversité des ennemis, pas un simple swap color et des slender men à poil.

La carte

La carte a toujours été un outil emblématique de Thief. Elle était porteuse d'une histoire, comment on l'avait obtenue, elle était dessinée à la main, et était souvent incomplète. Elle était un outil d'immersion. Ici, elle est remplacée par une simple carte informatique sans saveur ni intérêt. Dans un univers futuriste, on arrive à le concevoir, ici elle n'est pas justifiée.

Sans compter deux problèmes mineurs :

  • Quand on entre dans une pièce, la carte ne montre qu'un bête carré, occultant totalement la carte globale. Elle n'a alors plus d'utilité.
  • Aucun raccourci clavier pour accéder à la carte, juste à la mini-map. C'est idiot, mais quand vous avez besoin de cliquer trois fois pour accéder à une vue d'ensemble, ça devient vite énervant.

L'interface

Oui, je sais, c'est fait pour les consoles, reste que l'interface générale est très mal pensée.

  • Deux boutons pour respectivement le journal et le menu. Ça n'aurait pas coûté plus cher d'ajouter un lien vers le journal dans le menu.
  • Le journal a un menu. C'est bête, hein, mais si vous voulez accéder à la carte, aux objectifs, aux statistiques (trois choses indispensables en mission), vous devez appuyer sur au moins trois boutons avant d'accéder à l'information désirée. Je rêve du jour où les portages d'un jeu console comprendront que les claviers ont plus d'une centaine de touches…

Le chargement

Les bugs dûs au chargement d'une sauvegarde ou d'une carte sont nombreux, souvent minimes, parfois à se tirer les cheveux :

  • Au chargement, le modèle des gardes change aléatoirement entre plusieurs modèles. Particulièrement flagrant lorsque l'un est chauve, l'autre non…
  • Dans la cité, chaque carte est une instance temporaire. Vous détroussez un garde, en tuez un autre ? Entrez dans un autre quartier, revenez, et tout est revenu à la normale. Le plus amusant, c'est qu'il s'agit du problème inverse de celui de Deadly Shadows, où l'instance était gelée en mémoire, totalement identique à la position des gardes près.
  • Certaines fois, des ennemis disparaissent purement et simplement. Parfois, d'autres apparaissent.
  • Mais surtout : au chargement, la position des ennemis est restituée, mais pas leur étape de patrouille. Autrement dit, vous sauvegardez derrière un garde, vous rechargez, le garde va se retourner pour recommencer sa patrouille depuis son point de départ !

Là où tu as des envies de meurtre

Le jeu semble poser un changement de paradigme : il ne veut pas une immersion par le gameplay, il désire au contraire imposer une expérience cinématographique. En témoigne l'utilisation limitée de la rope-arrow (auparavant véritable élément de gameplay émergent, maintenant limitée à la vision des développeurs du « chemin du joueur »). Le saut ne fonctionne qu'à des endroits définis, on ne peut épier que sur certaines surfaces, on ne grimpe que les caisses et murs voulus… Tout est fait pour limiter les choix du joueur dans les rails désirés par les développeurs.

Dans la même veine, on note une grande linéarité dans les missions. Pour passer un point, il existe au mieux deux voies. Peu de missions proposent une carte organique, et ça se ressent au niveau du placement des objets « au petit bonheur la chance ».

En parlant d'objets… Il y a des points de non-retour dans chaque mission. Vous vous apercevez en toute fin de mission qu'il vous manque un objet ? Eh bien il faudra tout recommencer. Ce level-design est pleinement stupide, poussant juste les joueurs à rejouer non pour le challenge ou le plaisir mais pour augmenter la durée de vie. Même Dishonored permettait de revenir en arrière.

Oh, et j'ai mentionné le fait qu'aucune des missions ne demande de voler quoi que ce soit ? Techniquement, pour voler, il faut déjà que l'objet en question soit possédé par quelqu'un. Ici, les deux seules missions qui pourraient se rapprocher d'un vol impliquent un propriétaire mort et une tenancière qui ne sait même pas que l'objet est là.

Il y a plusieurs succès pour la découverte d'un certain nombre de zones secrètes. Aucune statistique n'est donnée pour en suivre le compte. Bon courage pour les trouver toutes…

Garrett met trois ans à admirer un trésor, impossible d'agir sur quoi que ce soit pendant ce temps. Bonne chance pour crocheter un coffre, prendre l'intégralité et le refermer avant l'arrivée d'une patrouille alors que votre perso s'extasie sur sa trouvaille…

QUI, AU NOM DU CRÉATEUR, A PENSÉ QU'OUVRIR CHAQUE FENÊTRE DEVAIT SE FAIRE EN MASHANT UN BOUTON ?

Il est nécessaire de neutraliser au moins un ennemi au corps-à-corps pour désactiver le popup d'aide à l'esquive qui sinon s'active à chaque combat jusqu'à la fin du jeu. Cette aide ne se désactive qu'à la souris ou avec la touche Entrée, et bloque bien entendu le chargement rapide.

Les portes s'ouvrent dans les deux sens. Je répète : les portes s'ouvrent dans les deux sens. C'est génial, vous n'alertez personne en entrant, mais en sortant tout le monde vous tombe dessus… C'est dingue qu'un jeu de 1998 arrivait à faire ce qu'un jeu de 2014 peine à restituer fidèlement.

Les défis de voleur sont liés au style de jeu. Si aucun style ne prédomine dans la mission, vous ne recevez aucune récompense des défis. Autrement dit, si vous n'êtes jamais détecté, ne subissez aucun dégât et parvenez à neutraliser dix cibles, votre style de jeu sera mitigé et ces défis ne compteront pas (vous ne recevrez aucune récompense). Rien n'indique dans le jeu que ça fonctionne ainsi, et c'est soit buggé, soit complètement contre-intuitif voire bullshit. D'autant plus que ça ne concerne que les missions, dans les contrats les défis sont cumulatifs.

Le son

Les dieux au tombeau ! C'est quand même pas compliqué de comprendre en quoi le Thief original était un précurseur en la matière. Là, rien n'est réussi, c'est simple :

  • On n'entend pratiquement pas les pas des ennemis, ce qui nous rend totalement aveugle sur leur position.
  • Ça tombe bien, puisque les gardes sont sourds la majorité du temps, tout autant que les créatures primales sont aveugles.
  • Le mixage général n'influe pas sur le son de l'écran de game over. Se faire perforer les tympans à chaque mort, quelle belle touche d'immersion.
  • Des sons d'ambiance qui s'arrêtent net à certains endroits, ne restent que les voix…
  • Deux personnages au même emplacement vont avoir un mixage différent, l'un étant plus faible que l'autre.
  • Les ennemis disent tous la même chose, peu ou prou. Oui, c'était le cas dans les anciens Thief, mais certains dialogues permettaient de les différencier au point que beaucoup de fans ont un garde favori (j'ai eu un fou rire sur la bataille de gardes dans Thief 2 ou les conseils de médecine tout au long de Deadly Shadows). Et se baser sur « ouais mais ce jeu d'il y a 16 ans fait la même chose » pour justifier un manque d'innovation, c'est petit.
  • Garrett dit parfois deux lignes de monologue en même temps ou répète la même. Mention spéciale lorsqu'il se répète à chaque fois qu'on passe à un certain endroit (« C'est la chambre de la jeune femme, on dirait une cage à oiseaux »).
  • Deux comédiens de doublage pour faire l'ensemble des personnages parlant dans les appartements de la ville, c'est trop peu. Pensez à varier.
  • En parlant des appartements, on entend ces dialogues comme s'ils se passaient à deux mètres, alors même qu'on a déjà disparu dans les ombres cinquante mètres plus loin.
  • Une musique qui s'énerve d'un coup sans élément déclencheur autre que « Garrett est entré dans une salle vide ».
  • Le son indiquant une salle secrète est tellement calqué sur Dishonored que je me demande si c'est une copie ou simplement une banque de sons commune…
  • Un décalage du son dans les cinématiques ou les animations, plus accentué encore en VO à ce que j'ai pu voir.

L'IA

On passe sur le fait que c'est quitte ou double : soit les gardes sont aveugles, soit ils s'alertent à trois kilomètres.

  • On projète une ombre, mais les ennemis n'en tiennent jamais compte.
  • Même en tuant sauvagement un garde, on ne laisse aucune trace de sang (qu'il fallait nettoyer dans les précédents opus).
  • L'IA réagit étrangement aux bruits. Vous lancez un objet, elle ne va pas toujours se déplacer pour aller voir, elle peut ne pas bouger et juste regarder, ou bien encore faire des cercles autour de sa position initiale. Le pire étant quand vous regardez une vidéo de la version console où l'IA fait exactement ce qu'on attend d'elle, et ça ne fonctionne pas sur la version PC.
  • Dans Deadly Shadows, les gardes s'apercevaient qu'un objet avait disparu. Là ce n'est pas le cas. Un garde étudiant des objets sur une table s'en va faire un tour, à son retour il ne remarque pas qu'il étudie maintenant la subtilité des veines de la table… Idem pour les poches dérobées. Pire que ça, on peut dorénavant voler les bijoux portés sans être repéré.
  • Contrairement à Deadly Shadows, les gardes se fichent des portes ouvertes. Ils sont comme le T-Rex, seulement attirés par le mouvement de la porte qui s'ouvre ou qui se ferme.

Si je fais le parallèle avec Deadly Shadows, ce n'est pas parce que l'IA était géniale (elle était même plutôt quelconque), mais plutôt pour noter qu'elle était meilleure il y a 10 ans sur une console d'une génération précédente. C'est dire tout le problème.

Le lore

On supprime totalement le lore, tout en se permettant des clins d'œil inappropriés. Finis les Gardiens, les Marteleurs et les Paiens, mais on fait référence au dieu unique Créateur comme « les anciens dieux », on montre une cathédrale de Marteleurs en ruines, ou un ancien bastion des Gardiens délabré.

On sent que ce n'est plus le Moyen-Âge des premiers Thief, certains parlent d'un saut de 300 ans dans le futur, mais Garrett est toujours un Maître Voleur avec un œil mécanique (on n'expliquera nulle part comment c'est possible), le Basso qu'on avait sorti de prison, marié, etc. est toujours là, Errin colle parfaitement à la fin de Deadly Shadows

Pourquoi utiliser un rituel magique pour industrialiser une ville qui était déjà en bonne voie avec du métal et de la vapeur dans Thief 2 ?

Trahison totale du lore, on perd en saveur et en originalité sans rien gagner en retour.

Verdict

Donc là où ce Thief fait le pari de ne s'appuyer que sur l'expérience cinématographique plutôt que l'immersion par le gameplay, trop de points d'accroches sont à dénoter. C'est bête de tout miser sur la carrosserie et de ne pas passer un coup de polish…

En tant que successeur de la licence, Thief est une honte crachant à la figure de ses ainés de par son paradigme même. Mais au-delà ça, en tant que jeu AAA, Thief contient beaucoup trop de bugs, de mauvais choix de game-design, une histoire et un lore trop pauvre et générique pour pouvoir être jugé comme bon. Au mieux, il est correct.

Ces deux points étant établis, je ne peux pas recommander ce jeu, à moins d'avoir déjà terminé les quelques autres représentants du genre sortis récemment (Dishonored en tête).

Un client pour réseaux sociaux sous GNU/Linux : mission impossible ?

Agacé d'avoir un Firefox qui utilise allègrement plus de 1 Go de mémoire avec seulement trois extensions et cinq onglets, j'ai regardé le rapport de about:memory. Une partie du problème vient des onglets épinglés.

  • 50 Mo pour Gmail,
  • 40 Mo pour Twitter,
  • 30 Mo pour Facebook,
  • 30 Mo pour Youtube,
  • 25 Mo pour mon lecteur de flux RSS auto-hébergé,
  • 15 Mo pour Framasphère/Diaspora.

Bien, ça fait donc un total de 160 Mo de mémoire. La première pensée que j'ai eu en voyant cela fut : « eh, si je trouvais des clients desktop, ça me libèrerait de la mémoire ». J'avais quelques souvenirs de clients Twitter ou Facebook.

Note aux libristes fondamentalistes

À celles et ceux qui viendraient chercher la petite bête (« bouh, pas bien, il utilise des services pas libre du tout, le vilain »), je répondrai que le problème se pose également pour les services libres. Prenez Diaspora, GNU Social/Laconica, Pump.io/Identi.ca/Status.net (oui ça fait déjà 3 noms pour désigner basiquement la même chose, comment voulez-vous que le grand public y adhère ?), votre webmail favorite (et à part une auto-hébergée, en existe-t-il une vraiment libre et simple d'utilisation ?).

Les webmails

Pour les webmails, on peut toujours utiliser un logiciel comme Thunderbird (100 Mo de mémoire minimum) ou Evolution (50 Mo minimum). Oui, donc on repassera pour un client en remplacement d'un onglet Firefox. Il en existe certainement des plus légers, comme Sylpheed ou Claws Mail, mais je n'ai franchement pas envie de partir à la recherche du client mail parfait. J'ai déjà bien trop à faire avec le reste…

Un client unifié

Bon, les réseaux sociaux. Le premier réflexe est d'installer Gwibber (devenu Friends depuis). Là, on nous demande de configurer les Online Accounts dans les paramètres système. Problème : sous Mint, ça n'existe pas. J'aurais dû me méfier à la vue des commentaires de la communauté.

Après deux bonnes heures à installer/désinstaller des tas de logiciels, je tombe sur gFeedline, uniquement installable par paquet .deb téléchargeable sur un Google Code qui est maintenant fermé… Ce n'est donc ni simple d'accès, ni la meilleure manière d'installer un logiciel pérenne… Il est dit qu'il fonctionne pour Facebook et Twitter. Aurais-je trouvé la perle rare ? 50 Mo de mémoire consommée, c'est correct, mais ne fonctionne que pour Twitter, sur Facebook l'onglet reste désespéremment vide.

Twitter

Bon, bah exit un client unifié Twitter/Facebook/Identi.ca/etc. Cherchons un client Twitter seul alors. Il y en a(vait) un paquet.

  • Birdie ? 90 Mo de mémoire.
  • Hothot ? 100 Mo de mémoire.
  • Turpial qui se vante d'être léger ? 70 Mo et ne fonctionne même pas sur ma bécanne (problems registering a new account). Quelques recherches montrent que sous Debian/Ubuntu, il vaudrait mieux passer par une installation par sources, qui ne fonctionne pas. On en vient à vérifier les dates… Le logiciel n'a pas été mis à jour depuis un an, il semble ne plus être maintenu. Pourquoi est-il encore dans les dépôts ?
  • Qwitik ? 12 Mo de mémoire, mais n'est pas à jour, utilise l'ancienne API de Twitter et donc ne fonctionne pas…
  • Mikutter ? 90 Mo et en japonais/anglais. Sans parler du fait qu'il échappe certains caractères et n'affiche pas les images.
  • Polly ? 60 Mo. En anglais. On doit passer par un PPA pour l'installer, et il a du mal à se lancer la première fois.
  • Choqok ? Oh, 30 Mo en lui-même. À cela s'ajoute les quelques 50 Mo de services KDE qui tournent sous Gnome juste pour lui, on arrive à 70 Mo. Malgré un greffon prévu pour, n'affiche ni les images, ni les vidéos. Chez moi, il s'arrête même à 20 tweets, impossible d'en afficher plus…
  • gTwitter ? Tweetdeck ? Twhirl ? Pino ? Seesmic ? Tout ça a disparu.

Nan, ce que nous avons à profusion sous Linux, ce sont des clients en ligne de commande. Joie !

Facebook

Point de salut pour Twitter, un onglet Firefox reste la meilleure option. Facebook peut-être ? Un unique client s'offre à nous : Desktop Facebook, qui ne s'installe malheureusement pas sous Trusty (et donc Mint 17) à cause d'une dépendance non-installable.

Conclusion

Voilà pour les clients desktop pour réseaux sociaux. À moins d'avoir besoin de certaines fonctionnalités, un simple onglet épinglé vaut mieux en terme de consommation mémoire. On notera que la diversité de l'offre sous Linux s'est considérablement appauvrie au point de ne proposer qu'une ou deux alternatives fonctionnelles pour chaque réseau. Il manque certainement d'un client qui unifie tout ça. Du côté des réseaux sociaux plus libres (Identi.ca, Diaspora, etc.), là c'est pire : il n'y a rien. Passez votre chemin.

Épilogue sur Firefox

Je disais en préambule que Firefox dépassait facilement le gigaoctet de mémoire. En le lançant en mode sans échec, on tombe à 350 Mo. Ajoutez à cela les 160 Mo des onglets épinglés, vous arrivez à plus de 500 Mo juste pour vérifier les mails et les réseaux sociaux. Si l'on veut un peu de confidentialité en supprimant les trackers, que ce soit avec Ghostery ou Privacy Badger, on arrive à près de 650 Mo pour une navigation « de base ». Et comme Firefox met un temps fou à se lancer, on préfère le garder toujours ouvert…

Je trouve extraordinaire qu'on en soit arrivé au point de garder allumé un logiciel qui nous prend entre 600 Mo et 1 Go de RAM juste pour faire une recherche rapide et notre veille à la pause café.

Les aventures d'un linuxien sous FreeBSD

Le système de paquets

Comme sur la plupart des systèmes GNU/Linux, il y a deux manières d'installer des paquets : par compilation et par binaires. Après avoir essayé par compilation (où il m'a fallu attendre trois heures avant que le PC ne coupe par surchauffe… Ce n'était que links…), j'ai vite compris que je passerai par les binaires à l'avenir. Dommage, j'aimais bien cette idée de catalogue de makefile classé directement dans le système de fichiers.

Donc on fait pkg install paquet. S'il n'est pas déjà présent, pkg va s'auto-installer, ce qui est assez classe (j'adore ce genre de choses, pensez par exemple au premier compilateur C qui s'est auto-compilé…).

À noter que pkg va chercher automatiquement s'il y a des mises à jour à faire sur vos paquets, et vous les propose. Plus simple d'utilisation qu'un apt-get update && apt-get upgrade && apt-get install paquet ? Hell yeah, pkg install paquet.

Bash

Bon, je veux un shell intéractif simple à utiliser. Je pourrais garder sh ou utiliser les nombreux shells déjà présents sous FreeBSD (csh et tsh par exemple). Je décide de rester sur Bash, plus parce que j'aime bien sh et que Bash me semble le plus proche de sa syntaxe originelle que les autres. Ça se fait en deux commandes :

pkg install bash
chsh -s /usr/local/bin/bash yomli

On vérifie bien que le tout a été pris en compte :

yomli:*:1001:1001:Yomli:/home/yomli:/usr/local/bin/bash

UTF-8

Avant la version 10, il semble qu'il ait été difficile d'installer un bon support UTF-8 en TTY sans recompiler le kernel. Maintenant, voici simplement la marche à suivre :

Donc je vois mes caractères accentués, c'est cool. Seul bémol : ee, l'éditeur concurrent de nano sous FreeBSD, ne semble toujours pas gérer l'UTF-8. J'ai eu beau chercher une solution, mes caractères accentués ne passent pas. C'est vraiment dommage, j'apprécie beaucoup ce petit éditeur, surtout lorsqu'on fait un alias avec son petit frère aee (advanced easy editor). Mais nano offrant la coloration syntaxique et le support des caractères accentués, le choix fut vite fait en ce qui concerne l'éditeur de base.

Éditeur avancé : Vim

Là, rien à dire. Vi, c'est cool, mais Vim, c'est mieux. Pas pour rien qu'il y a un m en plus. C'est en cherchant à transférer mon fichier de configuration par SSH que je suis tombé sur un os.

SSH

Le serveur SSH, chez FreeBSD, c'est offert à l'installation. Il suffit d'un petit sysrc SSHD_ENABLE=YES pour l'activer au boot. Jusque-là tout va bien. Mais mon Mint ne veut pas se connecter dessus, il ne semble pas voir le port :

Starting Nmap 6.40 ( http://nmap.org ) at 2015-07-19 00:47 CEST
Nmap scan report for 10.42.0.40
Host is up (0.00016s latency).
All 1000 scanned ports on 10.42.0.40 are filtered
MAC Address: 00:A0:D1:C5:A9:32 (Inventec)

Nmap done: 1 IP address (1 host up) scanned in 21.48 seconds

Donc je vérifie sous FreeBSD avec la commande sockstat | grep "22" :

root    sshd    1137    3   tcp4    *:22    *:*

Ok, pas de pare-feu d'installé pour le moment, le port semble ouvert. Je lance un nmap juste au cas où :

Starting Nmap 6.47 ( http://nmap.org ) at 2015-07-19 00:49 CEST
Nmap scan report for amilo (10.42.0.40)
Host is up (0.00043s latency).
Not shown: 999 closed ports
PORT    STATE   SERVICE
22/tcp  open    ssh

Oui, on est bien ouvert. Notons que nmap sous FreeBSD est ici 7 versions au-dessus de Linux Mint, tandis que sous Archlinux c'est équivalent (6.47-3 à l'heure où j'écris ces lignes).

Oh, mais j'avais oublié que j'avais lancé ipfw, l'un des trois pare-feu installés par défaut sous FreeBSD. Oui, vous avez bien lu, trois pare-feu installés, à vous de lancer celui qui a votre préférence. Il y a plusieurs manières d'ouvrir des ports de ipfw, je vais utiliser la plus simple que je connaisse :

sysrc firewall_myservices="22,80,443"
sysrc firewall_allowservices=any
service ipfw restart

Maintenant tout fonctionne.

fstab

Je ne sais même pas si ce système existe sous GNU/Linux, mais l'absence de dossier /dev/gpt sur ma bécane Mint me laisserait penser que non.

Créer une partition FAT32

Je zappe d'office NTFS. D'une parce que la doc et les forums ne sont pas très clairs à ce sujet, de deux parce qu'il est bien plus simple de faire une partition FAT32 avec les outils par défaut. Le but est d'avoir une simple partition de données récupérables sous un Linux ou un Windows en cas de sérieux crash.

On commence par créer une nouvelle partition de type MBR :

gpart add -s 500G -t mbr ada0

Puis on y crée un système de fichier en FAT32 :

newfs_msdos -F 32 /dev/ada0p7

Et voilà le travail.

Xorg

À ce stade, nous avons déjà une bonne base. Je pourrais très bien travailler comme ça (d'autant que j'aime bien travailler en TTY). On pourrait même s'en servir de serveur d'appoint (SSH, FTP, Web, etc.). Mais je suis bien le seul à en être capable à la maison, et la réhabilitation de portable passe nécessairement par une interface graphique, même sommaire.

J'installe donc xorg, HAL, puis Slim, LXDE et OpenBox (je resterai sur OpenBox pendant que les autres comptes iront sur LXDE).

La configuration se fait de manière similaire à celle sous Linux.

Je lance et me retrouve avec un clavier en QWERTY. La résolution n'est pas bonne et le touchpad ne fonctionne pas. Je branche une souris USB sans fil, reconnue d'office (ça me ferra toujours marrer que mon matériel étiqueté Microsoft soit reconnu dans la seconde par HAL alors qu'il faut à Windows une à deux minutes pour aller chercher les pilotes…). Après quelques bidouilles, je tombe sur la solution pour passer le clavier en AZERTY.

Bien. Donc maintenant je peux lancer OpenBox en clavier AZERTY, mais comme le touchpad ne fonctionne pas et que je viens de désactiver l'auto-détection et l'auto-montage de HAL (en bref, le faire fonctionner pour rien), je ne peux pas utiliser ma souris USB. Je me rends compte les touchpads autres que Synaptics ne sont pas supportés sous FreeBSD, je dois donc trouver un moyen de monter automatiquement ma souris sans HAL.

J'ai tenté quelques essais à base d'automount, mais rien de bien concluant. J'ai supprimé, édité, renommé les policy de HAL, en vain. Agacé, je me demandais s'il ne serait pas plus rapide d'installer Gnome et de le laisser gérer le tout. Je me souviens d'un billet de Frederic Bezies où il montre la faible utilisation de mémoire de Mate sous FreeBSD m'a convaincu. J'ai donc installé Mate, et au lancement je me retrouve avec ça :

The path for the directory containing caja settings need read and write permissions:/home/yomli/.config/caja

D'accord. Je me connecte au SSH en parallèle, un petit chown yomli:yomli .config/ règle le problème. Me voilà connecté et… Le clavier est toujours en QWERTY ! Cette fois-ci, je peux changer l'agencement dans les préférences de Mate, ce que ne me permettaient ni Openbox ni LXDE. Et le plus beau ? Le tout ne pèse que 53 Mo en mémoire.

Je n'avais pas testé Mate, l'interface me rappelle mes premiers essais Linux (ah, j'ai encore les CD gratuits du Héron Hardi…), ce qui n'est pas pour me déplaire.

Remplacer le terminal par défaut : une galère

Encore une fois, je prends le clavier pour raconter quelque mésaventure dans le monde merveilleux du logiciel libre…

J'ai plusieurs terminaux virtuels, que j'utilise selon le besoin. URxvt lorsque je lance Vim, Terminator quand je ne veux pas me prendre la tête avec screen ou byobu, Guake en cas de besoin rapide et pendant longtemps… Mon préféré, c'est Sakura. Pour le nom, déjà (qui va admirablement bien avec byobu), mais également pour sa légèreté : 3 Mo d'empreinte mémoire au lancement, lorsque gnome-terminal et Urxvt en prennent respectivement 8 et 12.

Sous Linux Mint, il est possible de changer le terminal par défaut avec Applications favorites. C'est cool, rapide, parfait. Ça évite la bonne vieille commande sudo update-alternatives --config x-terminal-emulator qui est, de toute manière, détournée par Gnome.

Voilà donc Sakura en terminal par défaut, le raccourci clavier Ctrl+Alt+T l'ouvre bien, de même que la majorité de mes applications (au hasard, Thunar par exemple). Mais pas Nemo, le gestionnaire de fichiers de Cinnamon. L'action Ouvrir dans un terminal ne fait rien. J'ouvre Nautilus, puisque Nemo en est un fork, pour constater que là, Nautilus ne lance que Gnome-terminal.

Je passe sur les recherches effectuées pour tenter de résoudre le problème (gconf, nemo-actions, gnome-terminal.wrapper…). Un post de 2013 sur askubuntu répond à la question. Je traduis librement :

Détails : nautilus-open-terminal utilise GAppInfo pour lancer le processus de terminal. Or, GAppInfo va chercher dans une liste d'émulateurs de terminal qui est codée en dur : https://git.gnome.org/browse/glib/tree/gio/gdesktopappinfo.c#n2467

Solution :

  1. Supprimer gnome-terminal : sudo apt-get remove gnome-terminal
  2. Faire un lien symbolique vers gnome-terminal : sudo ln -s /usr/bin/sakura /usr/bin/gnome-terminal

Oui, on marche sur la tête. Au lieu de ne serait-ce qu'ajouter un if pour aller chercher x-terminal-emulator, une solution quasi-standard, on se retrouve à devoir désactiver gnome-terminal… Et le plus beau, c'est que le bug remonte à 2010 !

Démarchage

Aujourd’hui, j’ai reçu mon premier mail de démarchage. Là, on parle d’« échange de visibilité ». Pour mon blog. Qui a tellement peu de visiteurs que je n’ai même pas pris la peine d’y installer un Piwik.

Pour reprendre l’expression de Frederic Bezies, je dois sans aucun doute être un blogueur influent… Mouahahahah.


À propos de ce blog

Certains ont des carnets de notes, les développeurs web ont tendance à avoir des blogs. Ça leur permet de partager leurs découvertes, de garder une trace de leurs hacks beaucoup plus simplement. Voici le mien.

Vous trouverez ici pas mal de trucs de geek, principalement des bouts de code en développement web, mais également quelques scripts bash pour faciliter l'utilisation quotidienne de GNU/Linux (je tourne sous Linux Mint 17.1 actuellement). La catégorie Veille comporte quelques articles d'actualité, mais rien de bien folichon.

Si l'envie vous prend de me contacter, vous trouverez toutes les informations utiles dans le footer (le bas de page, pour les burnes en anglais), ou bien vous pouvez utiliser la page de contact dédiée.

Enfin, si vous trouvez ici des informations utiles, n'hésitez pas à m'offrir un café en cliquant sur le bouton :

Offrir un café  
-----BEGIN GEEK CODE BLOCK-----
  Version: 3.20
  GCS dx s:- a- c+ C++ B+++ 7-- w E- O- L++ M- u++ W+++$ 
  H++++ Z+++ F--- PS+++ PE-- Y+ PGP++ T++ S J+++ t@ X- 
  R+++ m+ !tv b+++@ DI? D++ G e* h+ A- r y++
------END GEEK CODE BLOCK------
					
Haut de page